Une alimentation durable et de qualité dans les cantines scolaires !

En 2016, j’avais débuté ma petite vie parlementaire en me lançant un défi qui me tenait à cœur : me nourrir moi ainsi que ma famille, pendant trois mois, exclusivement de produits de nos terroirs. L’objectif, qui a encore tout son sens aujourd’hui, était de mettre en lumière la production des agriculteurs, des artisans locaux, et de sensibiliser comme je le pouvais mes concitoyens à une alimentation raisonnée : en tant que consommatrice, je faisais le choix de privilégier les circuits courts et les aliments de qualité. Ce fut évidemment l’occasion de tester la faisabilité de ce parti pris.

Depuis lors, les préoccupations environnementales et l’exigence d’une alimentation équilibrée et de qualité n’ont fait que se renforcer. Or comme dernière proposition parlementaire, j’ai eu l’occasion de co-signer et de déposer une proposition de résolution « visant à inscrire la Fédération Wallonie-Bruxelles dans une transition écologique de l’alimentation afin d’offrir dans l’ensemble des cantines scolaires des repas biologiques et abordables, issus de circuits courts. » En bref, il s’agit de se fixer pour objectif que la qualité des repas pris à l’école soit améliorée, dans tous ses aspects.

En effet pour beaucoup d’enfants, le repas chaud pris à l’école est le seul repas complet et équilibré de leur journée. Il est dès lors très important de soigner la qualité de ce repas. Il ne s’agit pas d’établir une hiérarchie des nombreux besoins des écoles. Mais ça doit être, je pense, une priorité, au même titre que le contenu pédagogique des cours ou des locaux en suffisance. Je crois par ailleurs qu’il faut se concentrer en premier lieu sur les enfants plus jeunes et donc les écoles primaires.

Quelques aspects de la proposition qui me semblent particulièrement importants :

  1. Quand les écoles disposent d’une cuisine, il faut donner à ceux qui sont en charge de la préparation des repas les moyens de se former. Il peut s’agir par exemple de coachs itinérants. L’idéal est qu’on arrive à des cantines autonomes, dans chaque école ou pour quelques écoles regroupées.

 

  1. Les écoles qui se lancent dans des projets en matière d’alimentation saine et durable doivent, pour que ce soit une véritable réussite dans la durée, aborder les choses de manière progressive et Je m’explique : il faut certes des repas de meilleure qualité, mais en parallèle, on peut imaginer que les enfants contribuent à la production de légumes via un potager collectif, que la mise en pratique soit exploitée en cours de sciences, … . Tout le monde doit être convaincu et impliqué.

 

  1. Pour aider les écoles et les communes, il faut être en mesure de leur proposer des modèles de cahiers de charges adéquats et réalistes dans le cadre des marchés publics. Qu’il s’agisse de marchés de produits ou de marchés de services. Il y a de nombreuses initiatives éparses, mais il est manifestement difficile d’apporter aux écoles, voire aux communes, un soutien efficace et concret en la matière.

Il est important également  de rappeler ce qui se fait déjà dans le cadre des écoles de la FWB. Notamment :

  • Un appel à projets « alimentation » auprès des écoles fondamentales sur la base d’un budget d’un million d’euros, tel que la création d’un potager à l’école, le développement d’une distribution gratuite de soupe, l’offre de collations saines et composées de produits locaux, la mise en place de fontaines à eau du robinet … . (max 6000 euros par projet)
  • Un autre appel à projets qui propose aux écoles disposant d’une cantine et du personnel de cuisine de bénéficier d’un accompagnement réalisé par des opérateurs extérieurs reconnus afin de renforcer la durabilité des repas : proposer des menus végétariens, favoriser l’utilisation de produits bio et locaux, renforcer l’hygiène et la sécurité alimentaire … . (max 3000 euros par projet)

 

Nous sommes tous conscients des multiples besoins de l’école.

Une transition vers une alimentation plus saine et plus durable ne revêt pas forcément a priori un caractère d’urgence du même ordre. D’autant plus que le temps de midi n’est pas à proprement parler du temps scolaire.

Et même en termes d’alimentation, il y a des minima qui ne sont guère rencontrés à l’heure actuelle. Dans un même ordre d’idée, on peut considérer qu’il y a une série de mesures plus simples à encourager dans toutes les écoles, comme la distribution de soupe …

Il faut également tenir compte de la réalité des écoles, que ce soit en matière de main d’œuvre et d’équipement dans les cantines, de coûts des repas des écoles.

Mais la présente résolution à le mérite de faire lever les yeux du guidon et de proposer aux équipes pédagogiques des perspectives enthousiasmantes et des balises, en fonction d’un objectif ambitieux, à long terme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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